Article / absolu - le, 03/06/2017

Fin

Live – Ultra-Trail | Chartreuse Terminorum les 2, 3, 4 et 5 juin

Ils sont venus, ils ont couru, ils se sont battus, mais ils ont été vaincus. La Chartreuse Terminorum sort vainqueur par KO de ce premier affrontement contre 36 coureurs venus la défier.

Mots clés : #chartreuse #terminorum

Gaëtan Janssens était le dernier espoir de la Chartreuse Terminorum, parti seul sur la troisième boucle, poussé par l’engouement des personnes présentes sur place. Peut-être trop poussé par les autres, justement, et pas assez par lui-même : vers 15 h 30, après moins de deux heures sur cette troisième boucle, Gaëtan a décidé de rentrer directement au camp de base. Après plus de 33 heures, le Grenoblois a été accueilli une dernière fois par Benoit Laval et Lazarus Lake. Et comme pour valider cette décision d'arrêter, un terrible orage s'est mis à gronder sur la Chartreuse et des hectolitres d'eau se sont abattus sur les montagnes. "Ouf" a dû se dire Gaëtan (et l'organisation aussi, par la même occasion).

Est-ce une surprise que personne ne soit arrivé au bout des 300 km et 22500 m D+ en 5 boucles (identiques) de cette première édition de la Chartreuse Terminorum ? Non, absolument pas. Mais tout de même, on se disait qu’il y aurait bien deux ou trois coureurs capables d’enfiler trois boucles.

Cette épreuve est-elle infaisable ? Benoit Laval semble penser que non, en tous cas il a laissé entendre qu’elle serait faisable. De notre point de vue, en l’état, il paraissait difficile que quelqu’un puisse arriver au bout. Trois boucles, oui, certainement, dans un bon jour, avec les bonnes conditions, pour un bon coureur qui en plus sait se débrouiller en orientation. Quatre boucles, non, certainement pas, et cinq encore moins.

Benoit Laval a-t-il créé quelque chose de trop difficile ? Sans doute pas, puisque c’est l’essence même de cette course, la Barkley, dont la Chartreuse Terminorum s’inspire. Une course qui sur le papier semble presque facile – pensez donc, il suffit de progresser à 3,75 km/h pour terminer ! – mais qui dans la réalité du terrain s’avère quasi infaisable. On pourra dire que la Barkley ne fait qu’autour de 200 km, alors pourquoi 300 pour la Terminorum ? Ce serait oublier que la Barkley se court quasi intégralement hors sentiers, alors que la Terminorum fait exactement l’inverse. Il fallait donc trouver le moyen de remplacer cette difficulté perdue, d’où les kilomètres supplémentaires.

Mais si la Chartreuse Terminorum devait se répéter à l’avenir, sans nul doute des « spécialistes » viendront tenter l’aventure, des sportifs aux compétences multiples capables de progresser longtemps dans un environnement montagneux, de s’orienter convenablement, de vivre à la dure pendant trois à quatre jours. Il se pourrait même qu’ils viennent s’entraîner sur ce même parcours, reconnaître soigneusement les environs pour s’approprier la topographie. Et peut-être alors, sur un coup de chance, verra-t-on quelqu’un sortir victorieux de ce combat truqué ?


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