Article / absolu - le, 02/06/2017

Qui survivra à la Terminorum ?

Live – Ultra-Trail | Chartreuse Terminorum les 2, 3, 4 et 5 juin

La toute première édition de la Chartreuse Terminorum, cette Barkley version française, a débuté ce matin à 7 h. Quatorze heures plus tard, on ne peut que constater le travail de sape d’une épreuve qui fait tout pour empêcher ses participants d’aller au bout…

Ils étaient 36, ce matin à 7 h, à La Diat, sur la commune de Saint-Pierre-de-Chartreuse (38), à écouter respectueusement les consignes de Benoit Laval, organisateur en chef de la Chartreuse Terminorum. Tous savaient qu’ils avaient à peu près zéro chance de réussir ce pari : 300 km et 22500 m D+ en 80 heures maximum sur un parcours de 60 km à réaliser cinq fois. Et pourtant, tous espéraient…

Après moins d’un quart d’heure de course, tout le monde était plongé dans le grand bain, au sens figuré comme au sens propre : une traversée du torrent « Le Guiers Mort » a obligé les coureurs à s’immerger dans l’eau glacée, certains ayant même dû faire quelques mouvements de brasse pour traverser… Et pourtant, cette première difficulté ne laissait pas présager du reste !

La journée a été chaude et ensoleillée, pentue et… paumatoire. Comme prévu, le parcours, bien que quasi intégralement sur sentiers, n’est pas du tout évident à suivre. Les coureurs ont jardiné, encore et encore, pour trouver leur chemin, et au détour de ce chemin les livres – 16 à trouver sur chaque boucle ! À chaque croisement, ce sont des interrogations : à droite, à gauche, tout droit ? Les cartes sont de sorties en permanence, les discussions vont bon train…

Car jusqu’à présent, c’est en groupe que les coureurs progressent. Par deux, comme le duo de tête, par trois ou quatre, voire davantage, les coureurs ont compris que leur salut était dans le regroupement. Trop difficile d’être seul face à la montagne et à sa carte en permanence, mieux vaut s’organiser.

C’est en début d’après-midi qu’est survenu le premier abandon, bientôt suivi d’un deuxième, puis d’un troisième en fin d’après-midi… Ceux-là auront à peine parcouru le dixième du parcours ! Mais qui peut leur en vouloir ? L’un des deux coureurs parvenus en tête au camp de base à l’issue de la première boucle décide de ne pas repartir, complètement cabossé par ces 60 km.

Et encore, pourrait-on dire, ils ont fait le plus facile ! Car désormais, c’est la nuit qui attend les coureurs en passe d’achever leur première boucle, ou qui vont repartir sur la deuxième. Celle-ci se fera dans le sens opposé de la première, en commençant donc par la partie la plus compliquée. Mais combien seront-ils, au juste, à repartir sur cette deuxième boucle ? Combien seront-ils à parvenir dans les délais – 16 heures pour 60 km ! – à la fin de la première boucle ?

Si ces chiffres vous paraissent ahurissants, venez sur le terrain, vous comprendrez…


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