Article / absolu - le, 01/06/2017

J-1 avant la VF de la Barkley

Épreuve – Ultra-Trail | Chartreuse Terminorum les 2, 3 et 4 juin

La Chartreuse Terminorum, autrement dit « la Barkley à la française », débutera demain 2 juin entre 1h du matin et 13 h. Près de 40 coureurs se sont présentés à Benoit Laval cet après-midi au camp de base de Saint-Pierre-de-Chartreuse, en présence de Lazarus Lake, organisateur de la Barkley.

Tout comme la Barkley, la course dont elle s’inspire, la Chartreuse Terminorum créée par Benoit Laval est pleine de codes qui peuvent paraître abscons aux « profanes ». De la plaque d’immatriculation à l’offrande – souvent alcoolisée, étrangement -, en passant par le prix d’inscription de trois euros ou la fin de non-recevoir lorsqu’on pose la moindre question, tout semble ici décalé. Les 40 (ou plutôt 37 si nos comptes sont exacts, les 3 autres auraient-ils été refroidis par les seaux d’eau s’abattant sur la Chartreuse cet après-midi ?) prétendants à cette première édition d’une course qui n’a rien à voir avec les autres ne s’en offusquent pourtant pas : ils sont là précisément pour ça.

Pour quoi alors ? « Pour faire un truc qui sort de l’ordinaire » nous lâche l’un, qui, il est vrai, trouve très ordinaire de courir 100 miles en montagne l’espace d’un week-end. Alors forcément, quand la vie est faite de défis au quotidien, celui-ci, faire 5 boucles de 60 km et 4500 mètres de dénivelé positif (soit 300 km et 22500 m D+) en 80 heures (soit 16 heures par boucle), sur un itinéraire non balisé, nuit et jour, sans ravitaillements, en devant chercher des livres à des endroits précis, c’est une friandise.

Les formalités passées sous le regard bienveillant de Lazarus Lake (ou moqueur ? Qui sait ce qui se passe à l’intérieur de sa tête ?), chaque concurrent s’est vu remettre la description du parcours sous la forme d’un texte (une quinzaine de pages !), charge à chacun de reporter ce parcours sur la carte des montagnes environnantes. Ambiance studieuse assurée : pas question de (trop) se tromper sur ces préliminaires, sans quoi c’est élimination assurée dès la première boucle… D’ailleurs en parlant de Laz, il trouve le coin plutôt pas mal pour passer un week-end peinard : « Je ne suis pas beaucoup sorti de chez moi, je ne connais pas toutes les forêts du monde, mais celle que j’ai visitée en Chartreuse m’apparaît comme une source d’inspiration idéale pour l’organisation d’une course comme la Barkley. » Amen, le Grand Vizir approuve le délire.

Un repas partagé – diots et patates arrosés de cocktail à base de Chartreuse, c’est local – et l’heure d’aller se coucher pour la dernière fois avant bien longtemps a sonné. Lorsque la conque sonnera – entre minuit et midi – les coureurs auront pile une heure pour se préparer avant que le départ soit donné. Les pronostics sont engagés : à quelle heure le révil sonnera-t-il ? Combien de coureurs termineront une boucle ? Deux ? Trois ? Quatre ? Cinq ? Non, n’exagérons rien, un finisher dès la première édition, ce serait beaucoup trop. La Barkley a bien attendu dix ans pour avoir son premier finisher !


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